Brel en citation (1)

 

« On n’oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout ! »

Jacques Brel

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Illustration Laurie Cooper

 

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BREL … VESOUL !!

VESOUL

 

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VESOUL

T’as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T’as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T’as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T’as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J’ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J’ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours

T’as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon
T’as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T’as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T’as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T’as voulu voir Anvers
Et on n’a vu qu’ses faubourgs
Tu n’as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours

Et je te le dis
Je n’irai pas plus loin
Mais je te préviens
J’irai pas à Paris
D’ailleurs j’ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l’accordéeon
T’as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T’as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J’ai voulu voir ta sœur
J’ai vu le mont Valérien
T’as voulu voir Hortense
Elle était dans l’Cantal
J’ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J’ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard

T’as plus aimé Paris
Et on a quité Paris
T’as plus aimé Dutronc
Et on a quitté Dutronc
Maintenant je confonds ta sœur
Et le mont Valérien
De ce que je sais d’Hortense
J’irai plus dans l’Cantal
Et tant pis pour Byzance
Puisque j’ai vu Pigalle
Et la gare Saint-Lazare
C’est cher et ça fait mal
Au hasard

Et je te le redis chauffe Marcel
Je n’irai pas plus loin
Mais je te préviens kaï kaï
Le voyage est fini
D’ailleurs j’ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l’accordéon

T’as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T’as voulu voir Vesoul
Et on on a vu Vesoul
T’as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T’as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J’ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J’ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours

T’as plus aimé Vierzon
Et on a quitté Vierzon… chauffe… chauffe
T’as plus aimé Vesoul
Et on a quitté Vesoul
T’as plus aimé Honfleur
Et on a quitté Honfleur
T’as plus aimé Hambourg
Et on a quité Hambourg
T’as voulu voir Anvers
Et on n’a vu qu’ses faubourgs
Tu n’as plus aimé ta mère
Et on a quitté sa sœur
Comme toujours … Chauffez les gars

Mais mais je te le reredis … Kaï
Je n’irai pas plus loin
Mais je te préviens
J’irai pas à Paris
D’ailleurs j’ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l’accordéon
T’as voulu voir Paris
Et on a vu Paris
T’as voulu voir Dutronc
Et on a vu Dutronc
J’ai voulu voir ta sœur
J’ai vu le mont Valérien
T’as voulu voir Hortense
Elle était dans l’Cantal
J’ai voulu voir Byzance
Et on a vu Pigalle
À la gare Saint-Lazare
J’ai vu les Fleurs du Mal
Par hasard

 

http://youtu.be/M_TzPl4oRH4

 

PETITE HISTOIRE

Vesoul est une chanson de Jacques Brel sortie en 1968 qui fait référence à la ville de Vesoul, en Haute-Saône, mais également à d’autres lieux en France (Vierzon, Honfleur, Paris …)

C’est à la suite de son passage dans la ville pour une nuit, le 28 juillet 1960, que Brel eut l’envie de réaliser une chanson évoquant Vesoul.

 

 

 

 

 

BREL … Ces gens là !

 

Ces gens là …..

 

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(Illustrateur inconnu)

 

D’abord, d’abord, y a l’aîné
Lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez
Lui qui sait plus son nom
Monsieur tellement qu´y boit
Tellement qu´il a bu
Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n´en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui s´prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu´on retrouve matin
Dans l´église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui a l´œil qui divague
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas, Monsieur
On ne pense pas, on prie

Et puis, y a l´autre
Des carottes dans les cheveux
Qu´a jamais vu un peigne
Qu´est méchant comme une teigne
Même qu´il donnerait sa chemise
A des pauvres gens heureux
Qui a marié la Denise
Une fille de la ville
Enfin d´une autre ville
Et que c´est pas fini
Qui fait ses p´tites affaires
Avec son p´tit chapeau
Avec son p´tit manteau
Avec sa p´tite auto
Qu´aimerait bien avoir l´air
Mais qui a pas l´air du tout
Faut pas jouer les riches
Quand on n´a pas le sou
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´vit pas, Monsieur
On n´vit pas, on triche

Et puis, il y a les autres
La mère qui ne dit rien
Ou bien n´importe quoi
Et du soir au matin
Sous sa belle gueule d´apôtre
Et dans son cadre en bois
Y a la moustache du père
Qui est mort d´une glissade
Et qui r´garde son troupeau
Bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands flchss
Et ça fait des grands flchss
Et puis y a la toute vieille
Qu´en finit pas d´vibrer
Et qu´on attend qu´elle crève
Vu qu´c´est elle qu´a l´oseille
Et qu´on n´écoute même pas
C´que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´cause pas, Monsieur
On n´cause pas, on compte

Et puis et puis
Et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m´aime pareil
Que moi j´aime Frida
Même qu´on se dit souvent
Qu´on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu´on vivra dedans
Et qu´il fera bon y être
Et que si c´est pas sûr
C´est quand même peut-être
Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu´elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J´ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j´ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
Enfin ils ne veulent pas
Parfois quand on se voit
Semblant que c´est pas exprès
Avec ses yeux mouillants
Elle dit qu´elle partira
Elle dit qu´elle me suivra
Alors pour un instant
Pour un instant seulement
Alors moi je la crois, Monsieur
Pour un instant
Pour un instant seulement
Parce que chez ces gens-là
Monsieur, on ne s´en va pas
On ne s´en va pas, Monsieur
On ne s´en va pas
Mais il est tard, Monsieur
Il faut que je rentre chez moi.

http://youtu.be/NfwW76JzVQI

 

PETITE HISTOIRE

Ces gens-là est une chanson écrite par Jacques Brel, dont le thème est le désespoir d’un amour impossible. C’est une chanson très sombre sous forme d’invective, au texte corrosif, dont la musique est un trois temps lent à thème répétitif.

Le narrateur prend à témoin un tiers (un certain « Monsieur ») et lui décrit les différents membres d’une famille, dont l’existence est particulièrement médiocre et mesquine. Il fustige en particulier leur immobilisme (ce qui contraste d’ailleurs avec le mouvement qu’il crée en les éloignant de lui).

Cette chanson reprend le principe brélien de la vérité progressive. En effet, l’énumération se termine par la fille, la belle Frida qu’il aime éperdument, et dont l’amour est réciproque, mais dont la famille n’autorise pas le mariage, estimant que le prétendant n’en est pas digne, ce qui explique peut-être enfin son hostilité à leur égard.

La chanson s’achève sur la résignation du narrateur, qui, visiblement pas dupe de la promesse que Frida lui fait de « partir » pour le « suivre », prend congé de son interlocuteur et lui dit qu’il doit rentrer chez lui.

Du point de vue vocal, l’interprétation commence de manière modérée mais s’amplifie progressivement, pour finir par exploser lorsque le narrateur évoque Frida, traduisant ainsi sa passion pour elle, ce qui contraste avec la phase de résignation qui suit et sur laquelle s’achève la chanson.

Le manuscrit des paroles de la chanson a été mis aux enchères à Paris le 8 octobre 2008 par Sotheby’s à l’occasion du 30e anniversaire de la mort du chanteur ; estimé entre 6 000 et 8 000 euros, il a été vendu 60 750 euros.

 

 

 

BREL … Ne me quitte pas !

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(Illustration Aina Frozt)

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà,
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière 
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas 

On a vu souvent
Rejaillir le feu
D’un ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril,
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas 

Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas 

 

 

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PETITE HISTOIRE

La chanson est écrite après la séparation de Brel et de Suzanne Gabriello (bien que ce soit lui qui l’ait quittée).

Jacques Brel dira lors d’une interview que cette chanson n’est pas une chanson d’amour, contrairement à la perception commune que le public s’en fait, mais une chanson sur la lâcheté des hommes.

 

 

 

 

BREL ….. Dans le port d’Amsterdam !!

AMSTERDAM …

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David MERVEILLE
© Toute Reproduction Interdite

Dans le port d’Amsterdam  
Y a des marins qui chantent  
Les rêves qui les hantent  
Au large d’Amsterdam  
Dans le port d’Amsterdam  
Y a des marins qui dorment  
Comme des oriflammes  
Le long des berges mornes

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui meurent

Pleins de bière et de drames  

Aux premières lueurs

Mais dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui naissent  

Dans la chaleur épaisse  

Des langueurs océanes

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui mangent  

Sur des nappes trop blanches  

Des poissons ruisselants  

Ils vous montrent des dents  

A croquer la fortune  

A décroisser la Lune  

A bouffer des haubans  

Et ça sent la morue  

Jusque dans le coeur des frites

Que leurs grosses mains invitent  

A revenir en plus  

Puis se lèvent en riant  

Dans un bruit de tempête  

Referment leur braguette  

Et sortent en rotant

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui dansent  

En se frottant la panse  

Sur la panse des femmes  

Et ils tournent et ils dansent  

Comme des soleils crachés  

Dans le son déchiré  

D’un accordéon rance  

Ils se tordent le cou  

Pour mieux s’entendre rire  

Jusqu’à ce que tout à coup  

L’accordéon expire  

Alors le geste grave  

Alors le regard fière  

Ils ramènent leur batave  

Jusqu’en pleine lumière

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui boivent  

Et qui boivent et reboivent  

Et qui reboivent encore  

Ils boivent à la santé  

Des putains d’Amsterdam  

De Hambourg et d’ailleurs  

Enfin ils boivent aux dames  

Qui leur donnent leur joli corps  

Qui leur donnent leur vertu  

Pour une pièce en or  

Et quand ils ont bien bu  

Se plantent le nez au ciel  

Se mouchent dans les étoiles  

Et ils pissent comme je pleure  

Sur les femmes infidèles

Dans le port d’Amsterdam  

Dans le port d’Amsterdam.

 

 

PETITE HISTOIRE

Jacques Brel avait l’habitude de chanter ses chansons, qu’il composait en tournée avec ses musiciens, pour la première fois en public, aussitôt qu’il les sentait achevées, avant de les enregistrer ensuite en studio. Dans le cas d’Amsterdam, il n’est pas convaincu par la chanson, qu’il considère sans la moindre importance. À tel point que, comptant la chanter pour la première fois lors d’une série de concerts à l’Olympia à Paris, il décide de l’utiliser comme la chanson « sacrifiée » de son concert en la plaçant tout au début, au moment où peuvent encore se faire quelques ultimes réglages pour le concert, et où les gens du métier savent que le public fait de toute façon bien plus attention aux artistes qu’aux chansons ; « comme ça, on n’en parlera plus, de celle-là », dit-il;

La première est prévue pour le 16 octobre 1964. Mais comme à l’habitude pour l’Olympia, une représentation servant de répétition générale est donnée la veille dans un théâtre de Versailles également dirigé par Bruno Coquatrix (directeur de l’Olympia). Constatant lors de cette représentation que la chanson séduit le public, Jacques Brel décide finalement de la déplacer par la suite en troisième position de son concert. Lors de la première à l’Olympia, le 16 octobre, la chanson obtient un immense succès, auprès des 2 000 spectateurs qui debout l’ovationnent interminablement ; à tel point que les musiciens, ayant après quelques instants entamé l’introduction de la chanson suivante, sont contraints de la rejouer en boucle un certain nombre de fois devant les applaudissements qui n’en finissent pas. À ces spectateurs s’ajoutent des millions d’auditeurs d’Europe 1 qui retransmet en direct la soirée, auprès desquels la chanson fait également sensation.

Amsterdam devient alors l’un des grands succès de Brel, une chanson quasi incontournable lors de ses concerts suivants, caractérisée par le « crescendo brelien » (progression dramatique dans l’écriture et l’interprétation). Alors que Jacques Brel a l’habitude de ne jamais faire de rappel ni bisser de chanson en concert, celle-ci fera selon Jean Corti l’objet de l’unique exception à cette règle, Jacques Brel décidant de la rejouer à la demande du public moscovite lors d’une tournée en Union soviétique en 1965.

Malgré cela, Jacques Brel ne sera jamais vraiment convaincu par cette chanson, et celle-ci ne sera au final jamais enregistrée en studio ; avec Les timides et Les jardins du casino, enregistrées au même moment à l’Olympia et placées sur l’album live Olympia 1964, il s’agit des trois uniques chansons de Brel à n’exister qu’en versions live. (Source Wikipédia)

Bon Week-end … Avec Brel

Nul besoin de présenter ce Grand Homme … Jacques BREL

 

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De l’émotion à l’état brut …. j’ai envie, de passer ce week-end avec lui et quelques uns des textes auxquels il a  si merveilleusement donné Vie et Immortalité !!