QU’EST-CE QUE LA BEAUTÉ ?

12 réflexions sur “QU’EST-CE QUE LA BEAUTÉ ?”

  1. La Beauté étant prépondérante en ce qui me concerne je dirai qu’elle est l’art de l’art. La nature de ma sensibilité extreme qui fait une musique d’un couleur, un volume d’une transparence, un mouvement d’une pause, le le silence exprimant… l’idée naissante d’une stase et l’argument sortant du confus. Esthétique philosaphale qui tient , soutient et propose. J’aime la beauté pour ce qu’elle de transformable par amour. La beauté est passage de soi à l’autre. Et plus encore mon Ideelle. Il me suffrit pour cela de voir ce que tu m’en inspires❤❤❤

  2. Certains disent qu’elle répond à des normes, à des modes…Je ne sais pas. Pour moi elle est un choc, une révélation, une émotion extrême. Elle n’est pas commune donc en dehors des normes. Je ne veux pas la posséder; C’est elle qui me possède et elle est inaccessible. Je veux juste la contempler car elle est plus visuelle que auditive…même si je reconnais qu’une musique peut-être belle. Enfin elle est dit-on superficielle ou éphémère…Peu m’importe, lorsqu’elle se présente elle est parée de toutes les qualités qui me rendent oubliant de ses faiblesses.

  3. J’en ai dit, mais pas assez encore, la Beauté étant l’à venir que le passé nous livre, comme ce qui est toujours renouvelé à compter du m’aime. Puisque le coeur est sa forge, il peut aussi aller en ses moments secs, aller dire sans dévier d’Elle, faire à l’enclume ces armes. Beauté tu es l’ensemble de des manifestations du sensible. En tous points à ta place.

    I. CEUX QUI NOUS ATTENDAIENT

    Ceux qui nous attendaient, se sont lassés d’attendre,

    Et sont morts sans savoir que nous allions venir,

    Ont refermé leurs bras qu’ils ne peuvent plus tendre,

    Nous léguant un remords au lieu d’un souvenir.

    Les prières, les fleurs, le geste le plus tendre,

    Sont des présents tardifs que rien ne peut bénir ;

    Les vivants par les morts ne se font pas entendre ;

    La mort, quand vient la mort, nous joint sans nous unir.

    Nous ne connaîtrons pas la douceur de leurs tombes.

    Nos cris, lancés trop tard, se fatiguent, retombent,

    Pénètrent sans écho la sourde éternité ;

    Et les morts dédaigneux, ou forcés de se taire,

    Ne nous écoutent pas, au seuil noir du mystère,

    Pleurer sur un amour qui n’a jamais été.

    II. VOICI LE MIEL QUI SUINTE

    Voici le miel qui suinte au cœur profond des roses,

    Les couleurs, les parfums et les souffles aimés.

    Vous ne sourirez plus à la beauté des choses ;

    Vos bras prompts à s’ouvrir se sont enfin fermés.

    Vous ne sentirez pas, sur vos paupières closes,

    Le lent effeuillement des longs pleurs parfumés ;

    Votre cœur s’est dissous dans les métamorphoses ;

    J’arrive juste à temps pour vous perdre à jamais.

    Voici mes yeux, mes mains, mes pieds qui vous cherchèrent ;

    Dans cet étroit jardin où d’autres vous couchèrent,

    J’avance en hésitant comme un triste étranger.

    Je vous rejoins trop tard… Je me repens, j’envie

    Ceux qui, mieux avertis que tout est passager,

    Vous montraient leur amour quand vous étiez en vie.

    III. JE N’AI SU QU’HÉSITER…

    Je n’ai su qu’hésiter ; il fallait accourir ;

    Il fallait appeler ; je n’ai su que me taire.

    J’ai suivi trop longtemps mon chemin solitaire ;

    Je n’avais pas prévu que vous alliez mourir.

    Je n’avais pas prévu que je verrais tarir

    La source où l’on se lave et l’on se désaltère ;

    Je n’avais pas compris qu’il existe sur terre

    Des fruits amers et doux que la mort doit mûrir.

    L’amour n’est plus qu’un nom ; l’être n’est plus qu’un nombre ;

    Sur la route au soleil j’avais cherché votre ombre ;

    Je heurte mes regrets aux angles d’un tombeau.

    La mort moins hésitante a mieux su vous atteindre.

    Si vous pensez à nous votre cœur doit nous plaindre.

    Et l’on se croit aveugle à la mort d’un flambeau.

    IV. LE VERGER DES CYPRÈS

    Le verger des cyprès a pour fruits les étoiles,

    Balancés lentement au fond des nuits d’été ;

    La vie, unique et nue à travers ses cent voiles,

    Pour la répandre en tout reprend votre beauté.

    Votre amour, mon amour, notre cœur et nos moelles,

    Seront diversement après avoir été ;

    Et, comme une araignée élargissant ses toiles,

    L’univers monstrueux tisse l’éternité.

    Le flot sans lendemain nous laisse et nous emporte.

    Nous passons endormis sous une immense porte ;

    Nous nous perdons en tout pour tout y retrouver ;

    Mais les lèvres des cœurs restent inassouvies ;

    Et l’amour et l’espoir s’efforcent de rêver

    Que le soleil des morts fait mûrir d’autres vies.

    V. LE MIEL INALTÉRABLE

    Le miel inaltérable au fond de chaque chose

    Est fait de nos douleurs, nos désirs, nos remords ;

    L’alambic éternel où le temps recompose

    Les larmes des vivants et la pitié des morts.

    D’identiques effets regerment de leur cause ;

    La même note vibre à travers mille accords ;

    On ne sépare pas le parfum de la rose ;

    Je ne sépare pas votre âme de son corps.

    L’univers nous reprend le peu qui fut nous-mêmes.

    Vous ne saurez jamais que mes larmes vous aiment ;

    J’oublierai chaque jour combien je vous aimais.

    Mais la mort nous attend pour nous bercer en elle ;

    Comme une enfant blottie entre vos bras fermés,

    J’entends battre le cœur de la vie éternelle.

    VI. VOICI QUE LE SILENCE…

    Voici que le silence a les seules paroles

    Qu’on puisse, près de vous, dire sans vous blesser ;

    Laissons pleuvoir sur vous les larmes des corolles ;

    Il ne faut que sourire à ce qui doit passer.

    À l’heure où fatigués nous déposons nos rôles,

    Au même lit secret les dormeurs vont glisser ;

    Par chaque doigt tremblant des herbes qui nous frôlent,

    Vous pouvez me bénir et moi vous caresser.

    C’est à votre douceur que mon sentier m’amène.

    De ce sol lentement imprégné d’âme humaine,

    L’oubli, lent jardinier, extirpe les remords.

    L’impérissable amour erre de veine en veine ;

    Je ne veux pas troubler par une plainte vaine

    L’éternel rendez-vous de la terre et des morts.

    VII. VOUS NE SAUREZ JAMAIS

    Vous ne saurez jamais que votre âme voyage

    Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté ;

    Et que rien, ni le temps, d’autres amours, ni l’âge,

    N’empêcheront jamais que vous ayez été.

    Que la beauté du monde a pris votre visage,

    Vit de votre douceur, luit de votre clarté,

    Et que ce lac pensif au fond du paysage

    Me redit seulement votre sérénité.

    Vous ne saurez jamais que j’emporte votre âme

    Comme une lampe d’or qui m’éclaire en marchant ;

    Qu’un peu de votre voix a passé dans mon chant.

    Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme,

    M’instruisent des sentiers que vous avez suivis,

    Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

    MARGUERITE YOURCENAR. (1903-1987)

    Qu’est-ce que la Beauté mon Idéelle, sinon, l’écho que ta question ouvre.
    N-L – 26/03/17

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