UN JOUR, UN TEXTE # 128

EN VIEL ESM OTS

VENDREDI 12 SEPTEMBRE

BRAISES DE LA MÉMOIRE IV

Terre.
Gisent les hommes dans les villages défaits.
Cimetières.
Aux fenêtres des maisons tombent les pierres d’angle.
Larmes.
Larmes, et pierres sur pierres, les ruines s’érigent.
Cri – trou que font mes lèvres dans l’opacité bleue pour rompre le silence, pour
rendre la parole à ces heurs dans le plain-chant du soleil. Et les coquelicots enfin
rendus à leur éphémère splendeur.
Terre.
Là.

Jean-Claude IZZO (1945-2000)
Terres de feu, P.J.Oswald, 1970

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PARCOURS POETIQUES MOSNAC 2014

Niala-Loisobleu

PARCOURS POETIQUES MOSNAC 2014

Le soleil de fin d’après-midi n’est plus que la caresse d’un regard

un regard libéré des chevaux de ronces

étirant son ombre au sein de la

Chambre des Noces

Les poils aux moiteurs sauvages

se font un autre luisant contre les senteurs de champignon

en déployant leur calotte humide que la nuit va coiffer de rosée….

Passant la porte de l’écluse

le filet d’eau

va au devant du frisson blanc

de la robe de mariée

que le vent

remplit d’une charnelle existence

Les elfes ont tirés les instruments

hors de l’étui des kiosques à musique métropolitains

D’un coup de baguette magique

le Chef

a gommé la Cité

La Chambre des Noces

donne sur l’espace illimité

des cris

des soupirs

des râles

des frémissements

du claquement des draps

où les corps nus

n’en faisant plus qu’un

se déclament intérieurement

une

M’AIME POESIE

sans rimes ni raisons

libre

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FILLE BRUNE …

FILLE BRUNE, FILLE AGILE

Fille brune, fille agile, le soleil qui fait les fruits,
qui alourdit les blés et tourmente les algues,
a fait ton corps joyeux et tes yeux lumineux
et ta bouche qui a le sourire de l’eau.

Noir, anxieux, un soleil s’est enroulé aux fils
de ta crinière noire, et toi tu étires les bras.
Et tu joues avec lui comme avec un ruisseau,
qui laisse dans tes yeux deux sombres eaux dormantes.

Fille brune, fille agile, rien ne me rapproche de toi.
Tout m’éloigne de toi, comme du plein midi.
Tu es la délirante enfance de l’abeille,
la force de l’épi, l’ivresse de la vague.

Mon coeur sombre pourtant te cherche,
J’aime ton corps joyeux et ta voix libre et mince.
Ô mon papillon brun, doux et définitif,
tu es blés et soleil eau et coquelicot.

Pablo Neruda
(1924)

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SI TU ETAIS TOI … J + 24

Le monde est dans tes yeux ...

SI TU ETAIS TOI … J + 24

Ma Précieuse …

Merveilleuse blessure
Eclat de Bonheur
Telle une griffure Indélébile
Tu mutes au contact de ma Peau !

Divine plaie,
Nourrie de l’horreur salvatrice
D’un regard
Venu d’ailleurs.

Nulle peur,
De Lui, de l’Autre, de la Vie.
Nous sentons ce qu’ils ne sentent pas
Nous croyons où ils ne croient pas …

Là où nous vivons,
Nul autre qu’invité
Ne nous trouvera
Un et Unique.

Sois en certaine,
Je fuirai, tuerai, mon Bonheur
Pour te rester à jamais fidèle,
Ma douleur !!

*** Idéelle ***
6 Septembre 2014

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Anne-Marie Kegels – Que le poème dise (1978)

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Anne-Marie KegelsQue le poème dise
les heures noires du hibou,
les aubes scintillantes.

Qu’il dévoile sans repos
les visages contraires de la vie
– qu’il les rassemble amoureusement

et dresse devant nous,
serrée comme un diamant,
celle qui paraissait brisée, infiniment perdue,
la fascinante unité.

***

Anne-Marie Kegels (1912-1994)Porter l’orage (1978)

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Une baigneuse presque ordinaire, CAUGANT Caroline

Rêvez Livres

téléchargement   arbre-de-coeur

Merci à l’auteur et aux Editions Acmé

  • Broché, 315 pages
  • Editeur : Acmé Editions (26 mai 2014)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2370770023

L’HISTOIRE

Avant le corps, il y a eu les plumes sales, froissées, un reste brouillon d’aile brisée, du sang au bout. Puis plus loin, la silhouette de ce qui ressemblait à une branche couchée…
Lorsqu’il découvre le corps blessé et transi de froid d’une femme échouée sur la rive, au lendemain d’une tempête qui a balayé la plage et ses environs, Niels ne se contente pas de lui porter secours. Il se lance dans la recherche effrénée de l’identité et de l’histoire de cette femme. Sa course après la vérité de celle qu’il nommera Clara prend la forme d’une troublante échappée hors de ses propres frontières, au rythme d’un balancement subtil entre doutes et envoûtement.

MON RESSENTI

C’est un premier roman très réussi et très émouvant et un…

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UN JOUR, UN TEXTE # 121

EN VIEL ESM OTS

VENDREDI 5 SEPTEMBRE

ATTENTE

Ne pas pouvoir dormir manger peu
commencer à parler tout seul
ne pas oser aller dans certains lieux
où l’on alla ensemble
revenir à la maison en espérant trouver
un mot de toi
à chaque bruit des escaliers
imaginer que c’est toi
penser à toi tout le jour
et une partie de la nuit
contracter les mâchoires désormais depuis
plus d’un mois
me surprendre la nuit à sourire
en parlant avec toi, qui
n’es pas là

Carlo BORDINI (né en 1938)
Poème inédit en France
Traduit de l’italien par Olivier Favier

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