La Haine … selon Christine Angot

Un jour, j’ai découvert que je n’avais jamais éprouvé de haine, parce que j’étais justement en train d’en ressentir. C’était la première fois, «tiens, c’est donc ça», j’ai pensé. Ça m’étonnait d’autant plus que j’avais eu des tas d’occasions d’en éprouver avant. J’avais connu la colère, la rage, l’énervement, l’exaspération, tout ça. La haine, jamais, c’était vraiment la première fois. Je découvrais. C’était un sentiment compact et lourd, qui faisait son nid à l’intérieur de vous. Vers le haut de votre estomac, entre le plexus et le diaphragme, et ça faisait mal, très mal. Une douleur spécifique, précise et centrée, mais diffuse. Elle avait la consistance d’une boule de plomb, se logeait à un endroit précis, que vous pouviez toucher, mais ses influx se répandaient partout, à toute allure, comme le sang jusqu’à votre cerveau, qu’elle irriguait à la vitesse de l’éclair. Installée au cœur de la partie la plus mobile de votre personne, votre système respiratoire, la boule semblait indélogeable. Vous ne saviez pas comment vous en défaire. Parfois, vous la croyiez partie. Elle revenait. Elle revient, elle se durcit, elle bouge. Vous ne savez ni comment vous en défaire, ni ce que vous pouvez en faire, on ne peut rien en faire. Aucune sublimation ni transformation ne me venait à l’esprit. C’est un sentiment purement négatif, qui ne présente aucun avantage, et la boule est restée plus d’un an. Avec des pics. Ou parfois des accalmies. Il ne fallait pas me lancer sur le sujet de la personne haïe, car alors la boule gonflait, durcissait. J’avais mal. Ma respiration s’agitait, mon rythme verbal s’emballait, je pestais contre le corps étranger qui s’était infiltré, installé, et se dilatait maintenant dans mes tissus, au point de menacer mon équilibre et tout mon système nerveux.

J’avais peur que la boule implose, elle était devenue mon cœur. C’était bien un sentiment destructeur, comme on le disait, c’était ça, c’était vrai, ça bloquait, ça coupait le corps en deux, ça brouillait la vision, la perception, ça faussait toutes vos appréciations de la réalité, en dehors de cette fameuse boule qui vous obsédait, et vous envahissait. Je me détournais de tout le reste. Je ne faisais plus qu’y penser, j’en étais devenue la spécialiste, j’étais au fait de toutes les stratégies de ce corps étranger qui m’habitait, plus étranger pourtant que tous les corps possibles au monde. J’en comprenais les techniques, j’étais capable de les anticiper, de les décrypter, je connaissais la personne haïe mieux que sa propre mère. Les nuits où j’y pensais, je ne pouvais pas dormir, la boule se déplaçait en moi, elle s’aplatissait, pour remonter jusqu’à mon visage, se glisser jusqu’entre mes globes oculaires et mes paupières, et faire apparaître la silhouette haïe. Si au moment de me coucher son image s’invitait sous mes paupières, dès que je fermais les yeux je la voyais. J’étais obligée de les rouvrir et de rallumer la lumière pour essayer de la faire partir. Comme une chauve-souris. Je me revoyais enfant quand ma mère ouvrait la fenêtre pour chasser des chauves-souris de ma chambre, en me disant de faire attention qu’elles ne s’accrochent pas à mes cheveux. J’étais dans un film d’horreur. Les journées ne pouvaient pas finir sans me rappeler, d’une manière ou d’une autre, le sentiment hostile qui m’habitait. Le fait qu’elle parvienne à se glisser jusque derrière mes cils, et jusque dans mon lit, me scandalisait. J’allumais pour chasser son fantôme, faire entrer l’air frais, par l’artifice du courant électrique, et je criais.

Jusqu’à ce qu’un jour, un matin, il était environ dix heures, je décide d’accorder à la personne haïe ce qu’elle réclamait de moi indûment depuis plus d’un an pour assurer sa domination pleine et entière. Je cessais brutalement de résister. Comme si ce qu’elle réclamait n’était rien, que ça ne valait pas le coup de se battre, pour qu’éclate à son propre visage, peut-être, l’inutilité de ses attaques, et, à l’instant précis où j’ai pensé «que va-t-elle faire de tout ça puisque ce n’est pas à elle et qu’on ne domine jamais vraiment les gens ?», la boule de plomb a disparu, magiquement, automatiquement, elle a fondu, et s’est évaporée.

 

CHRISTINE ANGOT, « Sentiment Un »,  Libération du 20 septembre 2013

 

 

haine

Brutus ÖSTLING

Fan de la Photographie Animalière ? Des oiseaux ? Alors vous devez connaître l’Artiste que je vous présente aujourd’hui :

 

brutus2

Brutus Östling

 

Qui est Brutus Östling ?

 

Brutus est né en décembre 1958. Il a grandi à Stockholm, mais depuis plus de vingt-cinq ans, qu’il vit à Scania. Il commence à écrire des articles tout en restant dans l’école et sans jamais achever toutes les matières au secondaire. Au lieu de cela, il a lança une maison d’édition, Symposion, à l’âge de 22 ans. Depuis 1981, Symposion a publié plus de 1 000 titres de tout, des classiques tels que Goethe, Bûchner, Cervantes et Hasek, des livres politiques et biographiques de Vaclav Havel (alors qu’il était toujours prisonnier), Madeleine Albright, Hans-Peter Martin/Harald Schumann aux livres plus académiques. Depuis juin 2011, il est marié à Agneta Östling qui travaille aussi dans la société de la photo. Brutus est père de quatre enfants dont il s’occupe à mi-temps : Alice (né en 2000), Eddie (2002),  Isak (2005) et Theodor « Théo » (2008).

Pendant plus de vingt ans Brutus a travaillé à temps plein en tant qu’éditeur à Symposion, mais qu’il a changé de carrière plus ou moins par hasard. Ses premiers livres photo sont devenus des best-sellers, et depuis 2005, il travaille à plein temps en tant que photographe.

À l’âge de quatorze ou quinze ans, il rêvait d’être photographe, mais il n’a plus touché d’appareil photo pendant plus de vingt ans. Puis il a commencé la plongée en 1996. Grâce à un prix, généreusement doté, il a pu bénéficier d’un équipement avancé pour la photographie sous-marine, et après près de 100 heures de plongée au cours de la première année, les premières photos sous-marines ont été prises.

Jusqu’à l’automne de 1999, il ne prit que des photos sous-marines, et il a vendu un certain nombre de reportages photographiques à des revues comme UVM, Dyk (Swedish, « Dive ») et Tauchen plongées. Mais depuis l’année 2000, presque tous ses photographier se fait « sur terre ».

En mai 2006, Brutus a reçu le prix « Nature Photographer of the Year » décerné par le jury de la Swedish National Environmental Protection Agency. En novembre 2007, il reçut le titre de « Photographe de Nature nordique », qui est attribué tous les deux ans. Brutus est « multi-primé » … 😉

Ses photographies :
brutus  brutus3 brutus4 brutus5 Brutus6 brutus7 brutus8
 brutus1

 

Eloge du noir

existence!

C’est le noir, toujours le noir, qui fait tout apparaître. Sans lui jamais rien ne se produirait sur la page impavide du rien.

Il suit que toute image est un jeu d’ombres, un jeu avec la mort, où tout est revenant, tandis que rien n’est rien. C’est le noir qui fait tout.

Et surtout ne dites pas que l’ombre est l’absence de la lumière. Ne voyez vous pas dans la fadeur du blanc toutes les choses disparaître ? Et dans la dure noirceur s’avancer le relief, le village, le visage, la silhouette ?

Chacun le sent : rien n’est grave que le noir. Le sérieux est tout en noir.

Ne nous extasions plus sur la beauté du mot « photographie », qui veut dire « écriture de la lumière ». Car c’est une erreur, ou un mensonge : c’est avec l’ombre que l’on écrit lorsqu’on photogaphie.

J’ai ici même chanté le blanc, comme un pur rien, comme une…

View original post 45 mots de plus

A relayer !!!

Le monde est dans tes yeux ...

Je me permets de partager un article publié sur Libé le 7 février dernier

 

 

Le dauphin justifie les moyens

Laure NOUALHAT  7 février 2014 à 21:26
Happening du Groupe d'action pour les dauphins devant l'ambassade du Japon à Tel-Aviv, le 30 janvier.
Happening du Groupe d’action pour les dauphins devant l’ambassade du Japon à Tel-Aviv, le 30 janvier. (Photo Jack Guez. AFP)

Actualités ou tendances, chaque semaine, le service photo choisit une image marquante.

Une femme recroquevillée dans le cercle ensanglanté du drapeau japonais. C’est ainsi que les membres israéliens du Groupe d’action pour les dauphins de Taiji ont signifié l’inhumanité du massacre annuel auquel se livrent des pêcheurs japonais. Popularisé par le film The Cove (oscar du meilleur documentaire en 2010), ce rendez-vous ancestral a tout de la barbarie. Chaque année, fin janvier, les pêcheurs de Taiji conduisent des milliersde dauphins dans leur baie (jusqu’à 24 000 les «meilleures» années) et les massacrent. Les eaux prennent alors une insoutenable couleur rouge tandis que les gourmets se régalent de sushis…

View original post 30 mots de plus

Derek GORES

Quel plaisir ce soir, en ouvrant mon ordinateur, de découvrir un Collage de Derek GORES !! Merci Jean-Nicolas … !! Tellement subjuguée que je viens partager avec VOUS !!

 

derek13 derek14 derek15

 

Cet artiste né à New-York en 1971 (excellent millésime !!) est un véritable artiste dans cet Art qu’est le Collage, ces œuvres sont de véritables MERVEILLES. On sent sa maîtrise du découpage, du collage… sous ses doigts le papier, les vieux journaux, les matières se font mosaïque …

 

Il a ce génie de faire du Chaos du Beau, du Fantastique. Il se laisse porter par son instinct, par son inspiration…

 

Mais plutôt que de vous en parler, je vous laisse regarder 😉

 

derek2 derek3

derek4 Derek5 Derek6

 Derek8 Derek9 Derek10 Derek11 Derek12

 

Comme un géant …

sorbier1

Défilé Franck SORBIER Printemps-été 2014

Je ne suis ABSOLUMENT pas fan de Haute-Couture même si j’y jette tout de même un petit coup d’œil, à l’occasion …. Mais je vous avouerai que le défilé de Franck SORBIER (22 janvier dernier au Manège Battesti de la Garde Républicaine à Paris) a retenu mon attention !!

 

sorbier4

 

Le talent du styliste est INDENIABLE, mais la mise en scène … tout simplement GRANDIOSE !!!!!

sorbier5

Défilé Franck SORBIER, Printemps-Eté 2014

Le défilé est un MERVEILLEUX voyage avec un guide plutôt inattendu, un immense automate en osier !! Automate manœuvré avec talent par la « Compagnie L’Homme Debout ».

La robe de mariée

Ce géant accompagne ses superbes partenaires dans les divers mondes imaginés par Sorbier.

sorbier6

Franck SORBIER et KIMBRA, 22 janvier 2014

 

sorbier

 

http://www.marieclaire.fr/,defile-franck-sorbier-haute-couture-printemps-ete-2014,709220.asp