Causette …

CAUSETTE, petit magazine que je viens de découvrir, de feuilleter, et dans lequel je vais plonger, après vous l’avoir présenté …

 

 

causette

 

 

Sa devise est « plus féminine du cerveau que du capiton ». En février 2012, Causette devient le premier magazine féminin à être reconnu « publication d’information politique et générale » par le ministère de la culture et à être membre de l’association Presse et Pluralisme.

 

 

Petit cadeau, pour vous donner  une idée du style « Causette » avec l’édito de Novembre 2013, en espérant vous avoir donné envie de vous précipiter dans la Presse la plus proche 😉

 

« Connaissez-vous l’histoire des soeurs Mirabal ?

Une magnifique histoire qui se termine affreusement mal. Et qui commence, comme souvent, par une affaire de quéquette trop pressante. Il était une fois trois jeunes soeurs ravissantes et intelligentes qui vivaient en République dominicaine, sous la dictature sanguinaire (1930-1961) de Rafael Trujillo. L’une d’elles, Minerva, était si belle que le tyran – à qui il ne fallait pas dire deux fois d’abuser d’une jouvencelle – l’invita au « bal obligatoire » qu’il donnait en son propre honneur. Il la fit danser, tenta de l’emballer, se fit remballer. Re-convocation à un bal. Re-gros vent. Or, Trujillo, comme tous les gros lourds, devint violent face à la frustration. Mais un dictateur ne traite pas les femmes de « grosses putes ». Non, un dictateur, dans ce cas-là, ça embastille et fait torturer votre papa chéri. Nettement plus désagréable. Minerva retourna donc voir Trujillo pour lui demander la clémence envers son père. Selon la légende, le tyran, qui ne manquait pas d’humour, lui fit jouer son destin aux dés : si elle gagnait, elle pourrait lui demander ce qu’elle voudrait. Si elle perdait, elle lui appartiendrait. Raté, Dédé ! Minerva remporta la partie, lui demanda la libération de son père et, pas gênée pour un peso, la permission d’étudier le droit – les études étaient interdites aux femmes – afin de devenir avocate. Trujillo, qui ne manquait pas de fair-play, accepta. Le père fut libéré, mais, extrêmement affaibli par la détention, mourut huit jours plus tard. Pas de bol. Minerva, que rien n’arrêtait, mena brillamment ses études. Et qui se chargea de lui remettre son diplôme ? Trujillo, pardi. Mais celui-ci, qui ne manquait pas de rancune, le jeta à la poubelle et interdit publiquement à la demoiselle d’exercer le métier d’avocat. Le blaireau tenait sa revanche. Mais, pendant ce temps, Minerva était devenue un modèle à double titre : elle était celle qui avait osé dire non au tyran et était devenue la seule femme à étudier autre chose que les arts ménagers. Après les cours, elle et ses deux soeurs participaient aux réunions clandestines visant à préparer le soulèvement, imprimaient des tracts… Plusieurs fois emprisonnées, torturées, elles ne renoncèrent jamais à leur combat. Passablement agacé, Trujillo, qui ne manquait pas non plus de ressources, leur tendit une embuscade : le 25 novembre 1960, sur une route de montagne, alors qu’elles allaient rendre visite à leurs maris emprisonnés, elles furent massacrées à coups de gourdin par la police secrète, replacées dans leur jeep puis jetées dans un ravin. Personne, bien sûr, sur l’île, ne crut à cet « accident ». Les soeurs Mirabal étaient devenues les héroïnes de tout un peuple et, curieusement, le 30 mai 1961, le dictateur – qui ne manquait pas de bonnes raisons de s’en prendre une – fut assassiné. En 1999, l’ONU vota une résolution désignant la date anniversaire de leur mort, le 25 novembre donc, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Un hommage sacré à de sacrées emmerdeuses. Voilà, vous connaissez maintenant l’horrible destin des héroïnes de la République dominicaine. La morale que je retiens ? Il n’y a pas de résistance tranquille, mais il n’y a pas non plus de souffrance paisible. Alors mieux vaut se rebeller.

Causette

(Les Trois Soeurs et le Dictateur, d’Élise Fontenaille, un livre pour raconter cette histoire aux enfants, sera en librairie le 8 janvier 2014. Éd. Rouergue)  »

 

http://www.causette.fr/le-mag/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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