BREL ….. Dans le port d’Amsterdam !!

AMSTERDAM …

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David MERVEILLE
© Toute Reproduction Interdite

Dans le port d’Amsterdam  
Y a des marins qui chantent  
Les rêves qui les hantent  
Au large d’Amsterdam  
Dans le port d’Amsterdam  
Y a des marins qui dorment  
Comme des oriflammes  
Le long des berges mornes

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui meurent

Pleins de bière et de drames  

Aux premières lueurs

Mais dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui naissent  

Dans la chaleur épaisse  

Des langueurs océanes

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui mangent  

Sur des nappes trop blanches  

Des poissons ruisselants  

Ils vous montrent des dents  

A croquer la fortune  

A décroisser la Lune  

A bouffer des haubans  

Et ça sent la morue  

Jusque dans le coeur des frites

Que leurs grosses mains invitent  

A revenir en plus  

Puis se lèvent en riant  

Dans un bruit de tempête  

Referment leur braguette  

Et sortent en rotant

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui dansent  

En se frottant la panse  

Sur la panse des femmes  

Et ils tournent et ils dansent  

Comme des soleils crachés  

Dans le son déchiré  

D’un accordéon rance  

Ils se tordent le cou  

Pour mieux s’entendre rire  

Jusqu’à ce que tout à coup  

L’accordéon expire  

Alors le geste grave  

Alors le regard fière  

Ils ramènent leur batave  

Jusqu’en pleine lumière

Dans le port d’Amsterdam  

Y a des marins qui boivent  

Et qui boivent et reboivent  

Et qui reboivent encore  

Ils boivent à la santé  

Des putains d’Amsterdam  

De Hambourg et d’ailleurs  

Enfin ils boivent aux dames  

Qui leur donnent leur joli corps  

Qui leur donnent leur vertu  

Pour une pièce en or  

Et quand ils ont bien bu  

Se plantent le nez au ciel  

Se mouchent dans les étoiles  

Et ils pissent comme je pleure  

Sur les femmes infidèles

Dans le port d’Amsterdam  

Dans le port d’Amsterdam.

 

 

PETITE HISTOIRE

Jacques Brel avait l’habitude de chanter ses chansons, qu’il composait en tournée avec ses musiciens, pour la première fois en public, aussitôt qu’il les sentait achevées, avant de les enregistrer ensuite en studio. Dans le cas d’Amsterdam, il n’est pas convaincu par la chanson, qu’il considère sans la moindre importance. À tel point que, comptant la chanter pour la première fois lors d’une série de concerts à l’Olympia à Paris, il décide de l’utiliser comme la chanson « sacrifiée » de son concert en la plaçant tout au début, au moment où peuvent encore se faire quelques ultimes réglages pour le concert, et où les gens du métier savent que le public fait de toute façon bien plus attention aux artistes qu’aux chansons ; « comme ça, on n’en parlera plus, de celle-là », dit-il;

La première est prévue pour le 16 octobre 1964. Mais comme à l’habitude pour l’Olympia, une représentation servant de répétition générale est donnée la veille dans un théâtre de Versailles également dirigé par Bruno Coquatrix (directeur de l’Olympia). Constatant lors de cette représentation que la chanson séduit le public, Jacques Brel décide finalement de la déplacer par la suite en troisième position de son concert. Lors de la première à l’Olympia, le 16 octobre, la chanson obtient un immense succès, auprès des 2 000 spectateurs qui debout l’ovationnent interminablement ; à tel point que les musiciens, ayant après quelques instants entamé l’introduction de la chanson suivante, sont contraints de la rejouer en boucle un certain nombre de fois devant les applaudissements qui n’en finissent pas. À ces spectateurs s’ajoutent des millions d’auditeurs d’Europe 1 qui retransmet en direct la soirée, auprès desquels la chanson fait également sensation.

Amsterdam devient alors l’un des grands succès de Brel, une chanson quasi incontournable lors de ses concerts suivants, caractérisée par le « crescendo brelien » (progression dramatique dans l’écriture et l’interprétation). Alors que Jacques Brel a l’habitude de ne jamais faire de rappel ni bisser de chanson en concert, celle-ci fera selon Jean Corti l’objet de l’unique exception à cette règle, Jacques Brel décidant de la rejouer à la demande du public moscovite lors d’une tournée en Union soviétique en 1965.

Malgré cela, Jacques Brel ne sera jamais vraiment convaincu par cette chanson, et celle-ci ne sera au final jamais enregistrée en studio ; avec Les timides et Les jardins du casino, enregistrées au même moment à l’Olympia et placées sur l’album live Olympia 1964, il s’agit des trois uniques chansons de Brel à n’exister qu’en versions live. (Source Wikipédia)

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