La Fille de l’air …

Ce soir j’ai envie de vous parler de cet Album, « La Fille de l’air »

 

 

mira

 

 

 « La fille de l’air » est un album au fil de la vie, de vies de femmes…
 Au fil de ces instants fragiles où les rêves se fracassent comme un écrin de verre, 
Ou les secondes dansent sur un fil et se cassent en tombant par terre, 
Au fil de ces instants futiles, à marée basse, des souffles d’air, 
Ces moments plus tranquilles, où d’un tour de passe-passe, on peut la jouer fille de l’air.

« La fille de l’air » est une toile sans complaisance des combats de la vie, des combats pour la vie, des combats en face à face avec soi, des combats qui laissent des traces mais qui nous construisent à la fois.

« La fille de l’air » est une invitation à respirer l’instant comme on respire le parfum d’une fleur, à profiter du présent, à vivre pleinement sans crainte, sans peur.
 « La fille de l’air » c’est aussi des instants de partages et d’émotions pour la merveille équipe que celle formée par  Mira (Interprète), PIERSAINTPIER (Compositeur) et Yans TAIEB (Auteur)

Les illustrations, vaporeuses, ont été confiées à Christiane Chris , des aquarelles pour chaque titre …

 

 

Je vous invite à découvrir en avant-première 3 extraits de l’album, (la sortie de l’album est prévue pour la fin de l’année) :

http://www.youtube.com/watch?v=QUybCBOVDE4

 

 

Personnellement, j’ai hâte de découvrir la totalité de l’album, l’écriture de Yanis TAIEB touche juste, son émotion, en totale adéquation avec la voix de MIRA, est plus que prometteuse ….

 

 

Différents liens pour découvrir un peu plus Mira, PIERSAINTPIER et Yanis TAIEB

Pré-vente, ici : http://miramusicboutique.jimdo.com/la-fille-de-l-air-c-est-par-l%C3%A0-par-l%C3%A0/

http://miraartistic.jimdo.com/

https://www.facebook.com/pages/MIRA/107242239404436?fref=ts

https://www.facebook.com/pages/Album-Mira-La-fille-de-lair/1414868872076876?fref=ts

https://www.facebook.com/pages/PIERSAINTPIER/110602086154?fref=ts

https://www.facebook.com/pages/Yanis-TAIEB/212651105541553?fref=ts

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Mark Meyer…

 

MARK MEYER PHOTOGRAPHY

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« Je suis un photographe polyvalent dédié à la production des images authentiques et utiles pour des lignes éditoriales et commerciales. Je suis poussé par le désir de produire un excellent travail qui reflète mon intérêt profond dans le monde, ses habitants, et les histoires puissantes qui nous entourent.

 

 

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Bottom of Grand Canyon, March 16, 2005
Mark Meyer Photography

 

 

Je travaille avec des entreprises et des magazines afin de trouver des solutions visuelles qui encadrent leurs récits et célèbrent leur travail. Je travaille avec de grandes publications nationales comme le New York Times, le Wall Street Journal, NPR, Barrons, et le Washington Post.

 

 

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Knik River · Alaska | © Mark Meyer Photography · (907) 854-8077 · mark@photo-mark.com · Anchorage, Alaska Photographer

 

 

Mes projets récents concernent la forêt nationale de Tongass pour le US Forest Service, le Texas et la Californie documenter l’agriculture et la conservation de l’USDA, et des îles Aléoutiennes au versant nord de l’Alaska pour un éventail d’organisations locales et nationales. »

Carrie Vielle

 

Carrie Vielle, mon coup de Coeur du Jour …. Ou mon coup de foudre …

 

 

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Carrie Vielle a toujours été passionnée dessin et la peinture toute sa vie.  Elle est née à Victoria, en Colombie-Britannique dans une famille et de la communauté immergé dans les arts. Les membres de sa famille sont de bons artistes, photographes / cinéastes, acteurs, écrivains, musiciens et compositeurs – qui tous ont enrichi l’éducation artistique de Carrie.

 

 

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Carrie est titulaire d’un BA en arts plastiques et d’un baccalauréat en histoire de l’art de l’Université Eastern Washington. Lors de la dernière année de son cursus de premier cycle, Carrie a fait un voyage qui changé la vie, en Europe, et a pu faire l’incroyable expérience de l’art et de l’architecture, elle avait étudié pendant de nombreuses années. Peu de temps après avoir terminé son baccalauréat, elle a commencé à enseigner l’art et des cours de design dans un collège à Spokane, Washington. Carrie est tombé amoureuse de l’enseignement et s’est découvert un talent qu’elle ne savait pas qu’elle possèdait. Elle est revenue à EWU et a obtenu une maîtrise en histoire de l’art en 2003. Ensuite, elle a pris des cours à Nice, en France, où elle a vécu pendant deux étés à étudier la langue, de la culture et de l’art.

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En plus de l’art, Carrie travaille très dur pour s’assurer que le voyage sera toujours une partie de sa vie. Pour les dix-neuf derniers étés, Carrie passe plusieurs semaines à travailler comme un guide pour l’art de la coutume et des ateliers culturels en Europe. Une des réalisations les plus palpitantes de Carrie date de 2004 alors qu’elle a été l’un des deux instructeurs de collège de l’État de Washington attribués des postes d’enseignement à Florence, en Italie, où elle a enseigné histoire de l’art et des cours de dessin à des étudiants américains dans des collèges à l’étranger. Pendant son séjour en Italie, Carrie a parcouru le pays pour étudier les œuvres de la Renaissance et baroques Maîtres. « Passer chaque jour devant le ‘David’ de Michel-Ange fut l’expérience la plus magique, la plus surréaliste de ma vie. »

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Tout au long de sa formation, de déplacement et d’enseignement, Carrie a crée et exposé ses œuvres – en développant la démarche artistique et le style, elle crée aujourd’hui … Chaque œuvre révèle un moment dans le temps, les chiffres apparemment au repos, encore rempli de beaucoup d’histoires éventuelles …

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Il ya deux ans, après une très enrichissante carrière d’enseignant de quinze ans, elle a décidé de poursuivre sa passion artistique à temps plein. Le travail de Carrie a été chaleureusement acceptée dans des galeries nationales et a été inclus dans des expositions et des collections internationales.

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Mignonne …

 

Mignonne, allons voir si la rose

 

 

A Cassandre

 

sue7Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclose

Sa robe de pourpre au Soleil

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

 
Las ! voyez comme en peu d’espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautez laissé cheoir !

Ô vrayment marastre Nature,

Puis qu’une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vostre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme à ceste fleur la vieillesse

Fera ternir vostre beauté.

 

Pierre de Ronsard

 

(Illustration Sue Halstenberg)

Connaissez-vous Sue Halstenberg ?

 

Sue Halstenberg

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Sue Halstenberg a commencé sa carrière comme illustrateur de mode pour les grands magasins sud de la Californie. Quelques années plus tard, elle a commencé sa propre entreprise, en acceptant des commandes en mode portrait et la figure peintures au pastel et l’huile. Un des tableaux de Sue, « Victoria », a été présenté sur la couverture du magazine américain d’artiste et  la « Pastel Society of America », à New York, l’a nommée membre du jury dans leur association nationale comme un «Signature membres. »

Auteur bien connu Dr. Doreen Virtue à demandé Sue de peindre cinq portraits originaux de la déesse orientale. Une douzaine de tableaux de Sue ont été inclus dans les projets Hay House Dr Virtue. Une pastel originale de Sue,  « Lakshmi » (une déesse hindoue), figure dans la collection du Dr Virtue et se trouve maintenant dans la salle de guérison à son domicile. 

Sue peint et donne des cours dans son studio d’art dans la belle vallée d’Ojai en Californie. Son œuvre originale est exposée dans des galeries d’art à Ojai et Ventura, CA. Sue est titulaire d’un baccalauréat en beaux-Arts de l’Art Center College of Design de Pasadena.

Les grands thèmes de son oeuvre

SIRENES

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Sirènes sont des êtres métaphysiques qui ont uni leur «moitié humaine» (y compris l’esprit humain), avec leur « demi-spirituelle » (représentée par le poisson ou puissante queue de serpent). Mermaids are also known as « Sea Goddesses ». Sirènes sont également connus comme « Sea déesses« 

DEESSES

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LES ANGES ET LEUR ART SYMBOLIQUE

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DAMES VICTORIENNES

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BOUDDHA ART

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GANESH HINDU TETE D’ELEPHANT

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Prix Interallié

 

QU’EST-CE QUE LE PRIX INTERALLIE ?

 

 

Il a été créé en 1930 par une trentaine de journalistes qui déjeunaient au Cercle de l’Union interalliée à Paris (club privé dans le 8e arrondissement), en attendant les délibérations du Femina. Il récompense un roman écrit par un journaliste, ce qui n’a pas empêché Michel Houellebecq, non journaliste, de le recevoir en 2005 pour La possibilité d’une île (Fayard). Aujourd’hui le jury est composé de dix journalistes masculins.

Le prix Interallié est remis au restaurant parisien Lasserre, dans le 8e arrondissement. Il n’est suivi d’aucune dotation. Mais un ouvrage récompensé par le prix Interallié se vend à 100 000 exemplaires environ.

 

 

Prix Interallié

Nelly Alard

 » Un moment de couple »

 nelly    Nelly Alard vit à Paris. Elle est également comédienne et scénariste. Son premier roman, Le crieur de nuit (collection Blanche, 2010, Folio n° 5300) a reçu le prix Roger Nimier 2010, ainsi que le Prix National Lions de Littérature 2011 et le Prix de soutien à la création littéraire de la Fondation Simone et Cino Del Duca. Nelly Alard est sortie du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris en 1985.

 

 

 

 

 

 

 » Moment de Couple »

 

Juliette, ingénieur dans l’informatique, et Olivier, journaliste, ont deux enfants et une vie de couple moderne. Lorsque Olivier avoue à sa femme avoir une liaison, l’univers de Juliette vacille.
Comment survivre à la trahison? C’est à cette question que ce roman, écrit au scalpel, sans concession mais non sans humour, entend répondre. Rien n’y échappe, ni les risques de la vie à deux et les glissements du désir ni les contradictions d’un certain féminisme et la difficulté d’être un homme aujourd’hui.

 

 

moment

 

 

Extrait

 

 

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C’était le jeudi 29 mai 2003, en fin d’après-midi. Le jour de l’Ascension. Encore le printemps, donc, mais il faisait déjà très chaud. Les pelouses du parc des Buttes-Chaumont étaient non pas noires de monde, mais colorées, gaiement, de familles bruyantes et agitées. Il y avait des ballons, des serviettes de plage, des cris, des rires, des   petites culottes qui séchaient sur l’herbe, des enfants tout nus ou en slip, un côté Front populaire, premiers congés  payés. Juliette était arrivée tôt. Elle était assise près de Florence, une de ses amies du quartier, à l’un des endroits les plus recherchés, sur la grande pelouse en pente avec la rivière en contrebas. Toutes deux regardaient leurs enfants qui pataugeaient avec les autres dans le ruisseau, quand le téléphone portable de Juliette a sonné.

Juliette venait de crier à son fils de quatre ans, Johann, de garder ses sandales pour marcher dans l’eau. Pas seulement à cause des cailloux qui en tapissent le fond et qui sont, par endroits, acérés ou glissants. Surtout parce qu’on peut y tomber sur des débris de verre, des capotes usagées ou des capsules de bière. On peut y tomber sur à peu près n’importe quoi, en fait, malgré la fermeture du parc la nuit et les rondes régulières des gardiens.

L’autre jour, Emma a trouvé un bâton de ski, au fond. Tu te rends compte ? Qui peut s’amuser à jeter un bâton de ski dans la rivière des Buttes-Chaumont? En décrochant, Juliette avait encore un sourire sur les lèvres.

C’était son mari, Olivier. Il avait la voix altérée, comme à bout de souffle, ou étranglé.

Tu es où? — Aux Buttes — Tu es seule ? — Non, je suis avec Flo et les enfants. — Tu peux t’éloigner un peu, j’ai quelque chose à te dire.

Le sourire de Juliette s’était envolé. Elle jeta un regard vers Florence, se leva et remonta la pelouse d’une dizaine de mètres. À l’autre bout du fil Olivier semblait sangloter. Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle. Avant d’entendre la réponse, elle sentit comme une morsure au creux du ventre. L’idée la traversa que Maria était morte.

Voilà. J’ai une histoire avec une fille, c’est une élue socialiste, ça dure depuis trois semaines, et maintenant elle veut que je te quitte, et là, nous parlions au téléphone, je lui ai dit que j’allais au cinéma avec toi, elle a commencé une crise d’épilepsie, elle a laissé tomber le 18 téléphone, elle crie, je ne sais pas ce qu’elle a, je ne sais pas quoi faire, il faut que j’aille la voir.

Il reprit sa respiration, ajouta. Je ne pourrai pas aller au cinéma.

Juliette écoutait, immobile. De là où elle se trouvait, en hauteur, elle apercevait la gloriette et le pont suspendu, des amoureux qui s’embrassaient. Le soleil commençait à descendre sur les arbres. À part cette sale bestiole qui s’agitait au creux de son ventre, tout semblait familier, normal.

Elle habite où?

Pantin.

Eh bien, vas-y, alors.

Un blanc. Il ne répondait pas. Il n’avait pourtant pas raccroché.

Cela l’agaça. Elle répéta « Vas-y », dit « Allô » plusieurs fois, d’une voix de plus en plus forte, exaspérée. Ensuite

elle raccrocha et revint à pas lents s’asseoir près de Florence, qui la regardait avec curiosité.

Qu’est-ce qui se passe ?

Elle haussa les épaules, secoua la tête. Flo n’insista pas. De toute manière il était l’heure de rentrer. Elles appelèrent les enfants, les rhabillèrent, puis descendirent l’avenue Secrétan en silence, tenant leurs petits derniers par la main, tandis que les aînés couraient devant en chahutant….

 

 

 

 

Prix Medicis

 

QU’EST-CE QUE LE PRIX MEDICIS

 

Le prix Médicis a été fondé en 1958 par Jean-Pierre Giraudoux (le fils de Jean), avec le soutien d’une dénommée Gala Barbisan, d’origine russe, qui recevait dans un hôtel particulier, sur les hauteurs de Montmartre, des personnalités comme Jean Genet ou Raymond Queneau.

Le prix Médicis a pour vocation de récompenser un roman, récit ou recueil de nouvelles dont l’auteur débute ou n’est pas encore célèbre.

Le  jury est composé de huit personnes. Auparavant décerné en même temps que le Femina à l’hôtel Crillon, le Prix Médicis est désormais remis deux jours plus tard au restaurant La Méditerranée, place de l’Odéon dans le 6e arrondissement de Paris.

Le  montant de la dotation est de 686 euros. En moyenne, un roman récompensé par le prix Médicis se vend à 40 000 exemplaires.

 

 

Prix Médicis 2013

« Il faut beaucoup aimer les Hommes »

Marie Darrieussecq

 

 

Marie Darrieussecq, née le 3 janvier 1969 à Bayonne, est une écrivaine et psychanalyste française.

 

 

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Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. Il se trouve que l’homme est noir. « C’est quoi, un Noir ? Et d’abord, c’est de quelle couleur ? » La question que pose Jean Genet dans Les Nègres, cette femme va y être confrontée comme par surprise. Et c’est quoi, l’Afrique ? Elle essaie de se renseigner. Elle lit, elle pose des questions. C’est la Solange du précédent roman de Marie Darrieussecq, Clèves, elle a fait du chemin depuis son village natal, dans sa « tribu » à elle, où tout le monde était blanc.

L’homme qu’elle aime est habité par une grande idée : il veut tourner un film adapté d’Au cœur des ténèbres de Conrad, sur place, au Congo. Solange va le suivre dans cette aventure, jusqu’au bout du monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée Équatoriale, au bord du fleuve Ntem, dans une sorte de « je ntem moi non plus ».

Tous les romans de Marie Darrieussecq travaillent les stéréotypes : ce qu’on attend d’une femme, par exemple  ou les phrases toutes faites autour du deuil, de la maternité, de la virginité… Dans Il faut beaucoup aimer les hommes cet homme noir et cette femme blanche se débattent dans l’avalanche de clichés qui entoure les couples qu’on dit « mixtes ». Le roman se passe aussi dans les milieux du cinéma, et sur les lieux d’un tournage chaotique, peut-être parce qu’on demande à un homme noir de jouer un certain rôle : d’être noir. Et on demande à une femme de se comporter de telle ou telle façon : d’être une femme.

 

 

 

EXTRAIT

 

 

GENERIQUE

C’était un homme avec une grande idée. Elle la voyait briller dans ses yeux. Sa pupille s’enroulait en ruban incandescent. Elle entrait dans ses yeux pour suivre avec lui le fleuve. Mais elle ne croyait pas à son projet. Ça ne se ferait jamais, en vrai. Atteint-on jamais le Congo ?

Il y avait ce qu’il était lui : un problème. Et sa grande idée coûtait trop d’argent. Demandait trop à trop de gens. Et pour elle la grande idée était comme une autre femme, et elle ne voulait pas qu’il la suive.

« À force de penser au Congo je suis devenu un Congo bruissant de forêts et de fleuves où le fouet claque comme un grand étendard. » Il lui lisait Césaire. Qui n’était pas son écrivain préféré. Mais qui a laissé de bonnes pages, on ne peut pas dire. Et qui était noir, ça a son importance. Sans doute. Elle était de là, elle aussi, désormais. Du pays impossible, avalancheux et débordant.

Chaque matin elle s’éveillait affligée d’une maladie de peau. Ses épaules, ses seins, l’intérieur de ses bras, tout ce qui venait au contact de lui – sa peau était creusée de lignes, de broderies. Elles couraient, incrustées. Elle frottait mais ça ne partait pas. Elle se douchait mais l’eau n’y faisait rien, et dans le miroir elle voyait, sous la peau, courir les galeries étroites et régulières, de fins colliers de perles en creux.

La maquilleuse même n’y pouvait rien. Elle qui était censée jouer la Française diaphane, ni tatouée ni scarifiée. Le visage est ce qu’on ne voit pas de soi. Le dos non plus, je vous l’accorde. En se contorsionnant, on attrape un éclat d’omoplate, un peu de clavicule et de reins. Mais on porte devant soi son visage comme une offrande. Il la voyait. Elle ne se voyait que dans les films ou le miroir. Ce visage intact, où s’imprimaient d’autant mieux les marques.

Et lui c’était qui ? Un acteur comme elle, second rôle un peu connu – on connaît sa tête, pas son nom, et difficile à prononcer. S’il y avait en lui quelque chose de militant c’était peut-être ça : cette obstination à garder son nom – faire carrière avec un nom pareil.

GÉNÉRIQUE

Un nom qu’elle aurait voulu porter, elle. Elle avait ça dans l’idée. Joint à son prénom si français, Solange.

Il n’aimait pas qu’elle le regarde quand ils faisaientl’amour. Si elle ouvrait les yeux, il faisait un petit bruit entre ses dents, chhhhh. Elle les refermait, elle rentrait dans le noir rouge. Mais elle avait vu son visage bouleversé, l’éclat de ses joues, la sueur sur ses pommettes, presque des larmes. Et ses yeux fixés sur elle, chhhhh. Deux pointes noires, jaillies sous les paupières, ses yeux chinois, deux fentes, soulevant les triangles des tempes.

Elle se rappelait géométriquement sa beauté, mais qui était l’homme sur la photo ? Qui est l’homme dont les photos circulent sur les pages de ragots hollywoodiens? Qui est l’homme qui la regardait, quila regarde dans sa mémoire ? Sa peau ne porte plus aucune trace de lui, seulement les marques du temps, les cicatrices de tournages qu’il lui semble avoir rêvés.